Parks, jeu de contemplation et contemplation de jeu
Parks est avant tout une merveilleuse invitation au voyage. Ses illustrations des parcs nationaux états-uniens, réalisées par un collectif d’artistes manifestement très talentueux, sont de véritables cartes postales (et certaines sont de fait vendues comme cartes postales), et se contenter de ne leur accorder pour tout texte que leur nom, l’État dans lequel ils se trouvent et deux courtes lignes décrivant leur spécificité témoigne assez d’un désir sincère de partager dans un jeu superbe une réalité superbe.
Et superbe, Parks l’est indéniablement, comme l’un des jeux les mieux édités que je connaisse, de la qualité des pièces (excepté peut-être les meeples, un peu plus grossiers en comparaison avec l’ambitieuse perfection du reste) au thermoformage remarquable, pour une boîte assez modeste mais pleine et émerveillant celui qui l’ouvre autant que ceux qui se rendent compte que l’on peut jouer avec tout ça.
Or Parks le jeu est, comme Parks l’objet, un poétique appel à la contemplation, proche de la philosophie d’un Tokaido : on essaye d’y collecter des ressources naturelles afin de visiter les plus beaux parcs dans une « course » en binôme où savoir astucieusement jouir des plus beaux paysages nous sera plus bénéfique que de nous précipiter vers la fin, et où tous les éléments relevant du « matériel » (équipement, ressources) ne sont qu’une assistance au spirituel sans rien rapporter par eux-mêmes en fin de partie.
Étonnamment sophistiqué pour un jeu somme toute très familial, doté d’une rejouabilité extrêmement forte, d’assez nombreux paramètres à prendre en compte, même très aimablement tactique à deux ou trois joueurs, Parks est assurément l’une des sorties importantes de l’été pour le public qu’il vise, et pour tous les amateurs de très très beaux titres.
Retrouvez l'analyse de Parks dans son intégralité sur VonGuru : https://vonguru.fr/2020/08/01/parks-randonnee-dans-le-plus-beau-jeu-de-2020/